Janvier 2026
BPJEPS 2025
Rénovation du BPJEPS : 4 Blocs de compétences
Pour rappel, les options de l'UC 4 n'existent plus, seule la terminologie "Equitation" est utilisée.
- Bloc 1
- Concevoir et mettre en oeuvre un projet d'animation = UC 1 et 2
- Bloc 2
- Valoriser les activités et les projets de la structure (communication)
- Bloc 3
- Pédagogie de l'UC 3 et 4 : concevoir, conduire et évaluer des cycles et des séances d'apprentissages des activités équestres
- Bloc 4
- Soins, gestion et éducation des équidés = techniques équestres
Autres Pistes de Compétences Indispensables
Dans les quatre blocs de compétences définis par l’arrêté du 18 novembre 2024, aucune compétence ne concerne explicitement la compréhension, la gestion et la régulation des relations interpersonnelles — un point pourtant central dans l’exercice du métier d’enseignant.
Plus surprenant encore, le bloc intitulé « communication » se limite essentiellement à des compétences de visibilité, de promotion et de valorisation de l’activité, sans aborder la communication au sens professionnel et relationnel du terme, pourtant incontournable dans notre domaine.
Or, la communication, dans les métiers de l’enseignement et plus particulièrement de l’enseignement équestre, recouvre des réalités bien plus larges, parmi lesquelles :
- La relation avec le public humain
- Elèves, clients, parents, gestion des attentes, des incompréhensions ou des situations conflictuelles ;
- La communication spécifique au champ équestre
- Relation à l’animal, prise en compte du bien-être équin, évolution du statut du cheval dans la société contemporaine.
En l’état, ce bloc de compétences apparaît comme un apprentissage des outils de mise en avant et de promotion que comme une réflexion sur la communication professionnelle au sens éthique, relationnel et pédagogique. Cette approche interroge, notamment dans un contexte où le monde équestre est de plus en plus questionné sur ses pratiques et ses responsabilités.
AUTRE Angle mort des formations enseignants TOUT DOMAINE CONFONDU
Harcèlements, Humiliations, Violences
Qu’on le veuille ou non :
- les élèves projettent beaucoup (compétence, réussite, reconnaissance, parfois affectif),
- l’enseignant reçoit ces projections, sans toujours les avoir cherchées,
- et sans outils, il navigue à vue entre proximité pédagogique et distance professionnelle.
Même un enseignant bien intentionné peut :
- mal interpréter une admiration,
- se laisser flatter,
- répondre à une demande implicite sans mesurer l’effet domino,
- ou compenser une fragilité personnelle (fatigue, solitude, manque de reconnaissance) par une relation trop exclusive.
Enseigner, ce n’est pas seulement transmettre un savoir ; c’est gérer une asymétrie de pouvoir et de projection.
Lorsqu’elle n’est pas reconnue et régulée, cette asymétrie peut glisser vers des formes de VIOLENCES PEDAGOGIQUES : humiliations, pressions, mises à l’écart, harcèlement,abus de confiance, violences...autant de dérives désormais identifiées dans le sport et présentes aussi dans le milieu équestre.
Ces violences pédagogiques, parfois minimisées ou qualifiées de maladresses, créent un terrain favorable aux dérives ultérieures — terrain que les profils PREDATEURS savent parfaitement repérer et exploiter.. |

© LGG
Le milieu équestre cumule tout ce qui attire les profils prédateurs. Les conditions facilitent les comportements inappropriés, y compris chez des personnes sans intention malveillante.
- forte hiérarchie implicite,
- valorisation du charisme plus que du cadre,
- culture de l’oral et du non-dit (omerta),
- rapports corporels (proximité, confiance, toucher) commençant par le corps du cheval,
- absence fréquente de supervision réelle,
- isolement de l’enseignant dans sa pratique quotidienne.
Besoin d'une FORMATION
Il serait bénéfique que les futurs enseignants se voient offrir, dans la formation, des modules sur la régulation des relations pédagogiques, la posture professionnelle et la communication éthique.
À quoi devrait servir cette formation ?
- apprendre à repérer les attentes démesurées chez les élèves,
- poser des limites claires sans humilier ni casser la relation pédagogique,
- identifier ses propres zones de fragilité (besoin d’être aimé, reconnu, admiré),
- comprendre les mécanismes de transfert / contre-transfert,
- savoir quand et comment repasser la balle au collectif (collègue, cadre, institution),
- sécuriser les élèves et se protéger soi-même.
« Enseigner est une position à risque qui nécessite des compétences relationnelles spécifiques »
Former les enseignants à la gestion des attentes, des projections, et des limites, n’est pas une option morale, mais une mesure de protection indispensable — pour les élèves comme pour les professionnels.
Le paradoxe équestre
On demande à un futur enseignant :
- de gérer des humains,
- des chevaux (êtres sensibles, puissants, imprévisibles),
- des émotions fortes,
- des situations de risque,
Mais on ne lui donne aucun outil structuré pour :
- comprendre ce qui se joue dans la relation,
- identifier les signaux faibles,
- protéger le cadre pédagogique.
Résultat :
- les enseignants consciencieux bricolent, doutent, se suradaptent…
- les profils prédateurs n’ont besoin d’aucune formation pour exploiter le système.
Ce qui est le plus inquiétant dans ce vide de formation
Ce vide :
- laisse croire que « le bon sens suffit »,
- individualise les dérives (“c’est un problème de personne”),
- empêche toute culture commune de la limite.
Quand un problème survient, on découvre que :
- rien n’a été enseigné,
- rien n’a été nommé,
- rien n’a été outillé.
Pédagogie responsable et éthique
Il faut :
- penser la posture,
- penser le pouvoir,
- penser la relation.
Former à la communication sans former à la relation, c’est laisser intactes les zones les plus à risque de la profession ; c’est ignorer délibérément les mécanismes qui transforment une asymétrie pédagogique en terrain de violences — humaines comme équines.
Le bloc de compétences « communication » apparaît squelettique au regard des enjeux relationnels, éthiques et sécuritaires du métier, alors même qu’il pourrait — et devrait — constituer un levier majeur de prévention des violences et de protection des personnes comme des animaux. |
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