Certains
enseignants parlent tout le temps, du début à la
fin de
séance. Certains enseignants, du fait que leur seule
intervention se résume à la parole, s'obligent
même
à parler pendant toute l'heure alors qu'ils n'ont rien à dire, sous pretexte que l'heure est
payée et qu'ils doivent "en donner pour leur argent" aux élèves.
L'équitation est ainsi enseignée de façon
aliénante : une théorie plaquée
refusant toute intervention de l'émotion, tout compromis
avec le corps. Cette "pollution verbale" nuit à la
communication nécessaire entre l'élève
et l'enseignant.
L'art
d'enseigner, c'est l'art de faire parler les
élèves, de les amener à comprendre, à penser, à analyser,
à synthétiser et à transposer. Selon
Ulric
Aylwin, le professeur respectueux de
l'élève est un jardinier qui n'essaie pas de
pousser à la place de ses plantes, un chef d'orchestre qui
ne joue pas à la place des musiciens ou, encore, un agent de
voyages qui ne visite pas les pays à la place de ses
clients. Enseigner est
un acte professionnel et complexe.
Pour bien
enseigner, l'enseignant doit être à
l'écoute de son élève.
Or, beaucoup d'enseignants ne prennent pas le temps
d'écouter et
ne comprennent pas ce que l'élève recherche. De
ce fait,
ils sont souvent à côté de la plaque,
causant une
perte de motivation et de progression, voire un grand
désertement, surtout dans les cours adultes.
Qu'est-ce que l'élève a compris ?
pensé ? ressenti ? Comment a-t-il vécu son
expérience ?
Les affirmations de l'élève, que l'enseignant
peut juger fausses, n'en sont pas moins ses propres
sensations.
S'il existe un décalage entre le ressenti et la
réalité observable, les enseignants vont pouvoir
en
prendre conscience et ainsi améliorer leurs interventions :
- vérifier la clarté de
l'énoncé
- vérifier la compréhension de
l'énoncé
- apprendre à exprimer la même chose de
façon différente
- apprendre par la perception de l'autre comment mieux intervenir
Au lieu de
parler, observer et diagnostiquer.
Comme nous, l'élève a une capacité
limitée
de traitement de l'information. Le cavalier peut être
concentré soit sur l'action, soit sur ce que l'enseignant
lui
dit, rarement sur les deux, et encore moins lorsqu'il est
débutant. Le flot de paroles le noie, au point qu'il
n'entend
plus du tout les consignes plus importantes que les autres. Au lieu de parler tout le temps,
l'enseignant devrait observer
et affiner son diagnostic pour intervenir de façon plus
précise et adaptée.
Laisser agir
et évaluer. La séance est
construite de façon à construire ou perfectionner
un savoir faire. Le dernier exercice de la séance, si
celle-ci a été bien conduite et comprise, n'a pas
besoin de corrections pendant l'action. En effet, il constitue une
évaluation de la compréhension de la
séance, faussée si l'enseignant intervient pour
corriger. Même si l'enseignant a très envie de
soutenir verbalement son élève, il doit apprendre
à se taire et laisser vivre son élève.
Recherche de
l'autonomie : Le cavalier peut également être incapable
de devenir autonome, habitué à
être
assisté en permanence de consignes. L'enseigant doit au contraire créer des situations propices
à l'apprentissage de l'élève, sans
intervention verbale. En n'intervenant plus verbalement,
il peut évaluer l'autonomie de son
élève, objectif ultime de tout enseignement.
L'enseignant a rempli son rôle lorsqu'il devient inutile. .
Bibliographie
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