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Les Spécificités de l'Equitation 
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La pratique de
l'équitation présente des particularités par
rapport à d'autres activités sportives ou de loisir :
La plus évidente, c'est le contact avec le cheval. Les
cavaliers ne viennent pas à l'équitation pour
l'équitation mais pour le cheval. Un joueur de tennis va jouer
au tennis pour le tennis et non pour sa raquette. Avec les courses de
chiens de traineaux, les disciplines équestres sont les rares
sports se pratiquant avec un animal. Le contact n'existe pas uniquement
pour pratiquer la discipline choisie (monter) mais aussi à
côté : s'en occuper, le préparer, le soigner. Toute
la communication, à côté et dessus, se fait par un
rapport entre les corps, des signes que chacun doit décoder,
auxquels chacun doit être à l'écoute.
La dimension affective
"Le contact
avec l'animal et à travers lui, avec la nature et le monde
vivant, est le moteur essentiel de l'attirance des enfants pour la
pratique équestre". Pour les plus petits, il sera ainsi une
grosse peluche, pour d'autres, un être sensible dont il faut
prendre soin. Le fait que le support de la pratique est vivant implique
la notion de responsabilité : graisser une chaine de vélo
n'engendre pas la même notion de responsabilité que de
s'occuper d'un être vivant qui mange, dort, exprime son
contentement ou souffre.
Le cavalier
interprête constamment les signes de sa monture en marque
d'affection : la réussite d'un exercice est le signe que le
poney obeit bien donc, qu'il aime son cavalier, et inversement, que le
poney n'aime pas ou plus son cavalier lorsque l'exercice n'est pas
réussi. Cette façon de fonctionner crée de grands
désespoirs (manque d'affection) avec des
évènements totalement insignifiants (ne pas arriver
à tourner). Ce n'est que plus grand, que le cavalier se dira "je
n'ai pas bien placé mes aides".
La dimension affective existe aussi en dehors du poney, dans la
relation avec l'enseignant, l'ambiance du club... Cette dimension
existe par contre dans tous les sports et n'est pas spécifique
à l'équitation.
Le langage corporel
L'équitation c'est un langage corporel : il faut se dominer,
s'accepter dans sa dimension globale, pour trouver la bonne position,
celle qui est nécessaire à la pratique. Cette
position n'est pas anodine, et ce corps à corps a
également été le support d'une approche
psychanalytique :
Objectivement, l'équitation est une longue série de
mouvements rythmiques, jambes écartées, et en contact
étroit avec un animal.
La psychanalyse dit :
- les filles sont attirées par l'équitation à
cause : du caractère masculin qu'elle projette sur l'animal, de
la nature de la position, et des actions qu'elles exécutent sur
le dos du cheval
- les garçons sont attirés par l'équitation
à cause : du désir de posséder un élement
femelle, ou de leur désir de triompher d'un autre élement
masculin redouté
Desmond Morris : "L'attirance particulière pour le cheval
s'explique en grande partie par le fait que c'est la seule
activité proche de l'activité sexuelle au sein de
laquelle peuvent se prendre sensiblement les mêmes plaisirs, sans
aucun sentiment de culpabilité".
A méditer ...
Cette dimension psychanalytique est surtout utilisée dans le
cadre de l'équitation thérapeutique : l'intimité
de la position est refusée par certains de façon totale,
parfois violemment chez certains handicapés, ou de façon
plus subtile : les muscles adducteurs sont serrés, le cavalier
refuse le cheval.
La dimension de l'autre
La pratique se fait en communiquant avec un animal vivant : le
débutant a une forte appréhension parce qu'il a la
sensation de ne pas être maitre de la situation, et d'avoir
à faire à une volonté indépendante de la
sienne, et pas toujours coopérative. La mise en confiance est
déterminante dans la phase d'initiation pour ces raisons.
Il faut, pour communiquer, apprendre ce langage corporel :
décoder, apprendre le langage de l'autre, s'en servir c'est
prendre conscience que l'autre existe et qu'il a sa propre dimension.
Dans le cas d'autiste, cette prise de conscience de l'autre est un
progrès considérable. Chez les cavaliers normaux, ils
prennent conscience qu'il faut dominer ses réactions, qu'ils ne
peuvent pas toujours imposer leur volonté, et surtout pas par la
force ou le caprice. c'est une véritable école de la vie.
L'imaginaire collectif
Le cheval a une dimension particulière et symbolique depuis la
nuit des temps. Il représente l'ami, le confident, la peluche,
la vie, la mort, le pouvoir, la puissance, la liberté.
En dehors de la complexité des habiletés motrices et de
l'équilibre à acquérir comme dans toutes les
activités sportives, la pratique de l'équitation
possède des particularités que l'enseignant doit prendre
en compte dans son enseignement.
Ces particularités sont la base de deux formes
d'équitation dont la finalité est
rééducative (physique, mental, social) :
l'équitation thérapeutique, l'équitation
d'insertion.
Lire aussi :
Etre pédagogue
l'équitation thérapeutique
Bibliographie
De l'enfant au cavalier - Echo des poneys
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