L'Equitation Pédagogique

cheval
©Laurence Grard Guenard

      L'erreur est humaine      pédagogie


Tout le monde s'accorde à dire qu'il est normal de se tromper lorsqu'on apprend. Mais tout le monde n'a pas la même attitude face à l'erreur.
Deux attitudes de l'enseignant face à l'erreur : la première est plus traditionnelle, la seconde est plus difficile à gérer, ne serait-ce qu'intellectuellement, mais le confort de l'élève demande une réflexion de l'enseignant sur la place qu'il donne à l'erreur dans son enseignement.

L'erreur est à éviter.
Cela parait une évidence. Le "bien faire" doit être acquis le plus rapidement possible. L'idée du bien ou du mal est téléguidée et un système de valeur se dresse : le bon et le mauvais geste, la bonne et la mauvaise attitude. L'enseignant est un juge qui attribue "mal" ou "bien". Cette notion de jugement sur laquelle est basée une bonne partie du système éducatif, n'en est pas moins traumatisante pour l'élève partagé entre la culpabilité  et la peur de la sanction. Cette peur favorise l'insécurité et ralentit les acquisitions. La peur de mal faire est souvent une cause d'inhibition : l'élève ne tente pas plutôt que de risquer une remarque négative.

L'erreur est constructive.
L'erreur et la correction de l'erreur sont des parties intégrantes de l'apprentissage. C'est par la correction de l'erreur que l'élève apprend. C'est un élément indispensable de toute forme d'apprentissage, elle doit être considérée comme tel et donc perdre son côté traumatisant et culpabilisant. Il est normal de se tromper. C'est dans la réponse à "que faut-il faire pour réduire les erreurs ?" que se construisent les acquisitions. L'enseignant est alors un témoin, le "ratage" n'est pas sanctionné mais sert de point d'appui pour la réussite.
Essai -> Erreur -> Correction de l'erreur = expérience.
En début d'apprentissage, les essais qu'effectue l'élève se traduisent souvent par des erreurs. En comparant le résultat obtenu avec le résultat attendu, l'élève va percevoir l'écart qui le sépare de la réussite. En réessayant, il va peu à peu réduire cet écart jusqu'à réaliser l'objectif visé.  L'erreur est donc bénéfique et source de progrès.
"Si aucune erreur ne se produit, c'est que la tâche proposée n'offre pas de difficulté pour l'élève. Il apprend peu." Jean Luc FORCE.

~~~

Pédagogie active ou Pédagogie de résolution de problèmes :
L'élève est mis dans un contexte tel que la seule réponse qu'il puisse fournir aux sollicitations du milieu corresponde à l'habileté que l'enseignant envisage de faire acquérir. Celui-ci précise un certain nombre de but à atteindre sans indiquer les moyens de les atteindre, laissant à l'élève la responsabilité d'inventer et de construire les réponses. L'erreur fait partie intégrante de l'apprentissage.  Cette pédagogie n'est pas basée sur la transmission d'instructions verbales décrivant les caractéristiques du modèle à reproduire. Le mouvement est placé dans son contexte réel avec toute sa signification, il n'est pas morcelé en petites unités.

Pédagogie de la réussite :
La pédagogie de la réussite développe le sentiment de compétences, le discours est toujours positif, il souligne les acquis, les qualités à améliorer.
Mais il n'est pas question de se réfugier dans la facilité ! "Les éducateurs déserteraient leur devoir s'ils n'avaient pas, de temps à autre, le courage de forcer un peu l'élève" E. Labin.
L'élève est confronté à un problème, mais il faut qu'il arrive à le résoudre dans la séance. On n'apprend pas qu'en se trompant, on apprend surtout en réussissant. Les erreurs peuvent être fructueuses et formatrices si elles aboutissent sur une prise de conscience et une auto-correction.

Causes de l'erreur :
Au stade perceptif : les prises d'information (trajectoire, distance, vitesse...) sont incorrectes. Les émotions (enjeu, spectateurs) peuvent perturber cette prise d'information de même que la fatigue et la motivation.
Au stade de décision : pertinence de la tactique (changer de trajectoire, changer d'allure...)
Au stade de l'exécution : exécution médiocre (mauvaise tenue des guides, mauvais gestes, demandes trop violentes, mains crispées, difficultés à paramétrer le geste)
L'enseignant doit être capable d'identifier les sources d'erreur parmi ces trois stades, et peut y remédier en aménageant les tâches motrices.

L'Echec :
L'échec sanctionne les mauvaises réponses et constitue par rapport à elles un renforcement négatif qui les inhibe. Nos échecs nous enrichissent lorsqu'ils nous permettent de ne pas reproduire les mêmes erreurs.
L'enseignant peut également être en cause lors de l'échec de ses élèves lorsque l'exercice est inadapté à leurs compétences (niveau trop faible ou trop élevé), ou lorsque les consignes sont insuffisantes.
Les étapes doivent être progressives. L'enseignant fait évoluer la difficulté de la tâche en modifiant le but à atteindre, les conditions de réalisations,  les instructions (procédure). Il fait ainsi progresser ses élèves en s'adaptant et individualisant les exercices. La réussite est toutefois toujours tributaire du degré de motivation de ceux-ci.

Le Feed-Back :
Le Feed-Back est l'information en retour qui permet une régulation automatique d'une action en cours.  Il est important que l'élève connaisse le résultat de son action, il influence l'apprentissage en permettant un réajustement du comportement, et développe l'autoévaluation. Conscient de la qualité de sa réponse, l'élève ajuste ses essais. S'il réussit, il enregistre les sensations qui y sont liées. Cette connaissance du résultat renforce donc la motivation et permet de stocker en mémoire des sensations et des schémas moteurs utilisés.
Le Feed-Back ne sanctionne pas, il soutient et encourage en étant spécifique, concret et descriptif. Distinct de l'évaluation, il comporte toujours un élément positif. S'il y a un élément négatif, il doit être accompagné d'une suggestion de nouveau comportement.
Cette pédagogie interactive demande des qualités humaines : respect, empathie, authenticité.

Voir aussi :
les différentes pédagogies
Le feed-back