L'Equitation Pédagogique

cheval
©Laurence Grard Guenard

     C'est donc ça !    pédagogie


J'avais commencé ce billet d'humeur en feintant de découvrir avec innocence non pas le métier de moniteur mais le modèle humain de celui-ci. Le monde équestre n'est pas en reste, loin de là, ce qui m'amène à compléter cette description des différentes expériences vécues.

Commençons donc par le moniteur !

Un "mono d'équitation" est donc quelqu'un qui n'a aucune considération pour l'autre : le néophyte, le débutant, l'étranger au monde du cheval, voire même parfois le cheval lui-même, à se demander où sont les motivations qui l'ont amené à faire ce métier.
Croyant tout savoir, il n'a malheureusement que quelques connaissances pas vraiment pointues et ce, dans un seul domaine, le sien, dont il ne faut pas le sortir : vous risqueriez de vous rendre compte qu'il est stupide, en tout cas inculte.

Le moniteur d'équitation s'amuse beaucoup à railler le néophyte, simplement parce qu'il n'entend rien au monde équestre. Au lieu de jouer son rôle de formateur, d'aide,  d'intermédiaire entre le cheval et le (futur) cavalier, il critique bêtement et méchamment le débutant, lui reprochant de ne pas être encore à son niveau et de ne rien comprendre. Imaginez si les instituteurs apprennaient aux enfants à lire en leur demandant déjà de tout savoir avant la première leçon !!!

Avec son statut d'ignorant, le pauvre débutant sert à la fois de porte-monnaie, à la fois de bouc-émissaire. Il doit avoir du courage pour perséverer dans ce sport et dépasser les premiers niveaux : soit il abandonnera le monde équestre, soit il fuira les clubs et leurs moniteurs, soit il deviendra à son tour un grand "criticateur" devant l'éternel. Quant à celui qui ne viendra que pour faire une rencontre "nature" avec le cheval, il se fera insulté dès le dos tourné, rapport à l'expression favorite du moniteur d'équitation qui dit que ses chevaux font du "traine-couillons".
Le moniteur d'équitation juge même parfois le QI de ses élèves sur les fatales questions bêtes de départ, ou sur la peur de celui qui fait l'effort d'accompagner ses enfants.
Ceux qui ne crient pas au milieu de la carrière ne sont donc pas forcément plus humains que ceux qui montrent leur vrai visage.

Où est l'empathie ? Où est la pédagogie ? Leurs compétences techniques étant encore une autre histoire...Certains n'hésitent pas, en effet, à leurrer leurs élèves en baratinant des excuses et des explications sans queue ni tête, finissant par croire eux-mêmes à leurs aneries.

Regardez, écoutez ce cavalier qui, bénévolement, naïvement, maladroitement, explique pourtant mieux que le moniteur en titre (et quel titre !), conseille plus passionnément que lui ...Honnêteté évidente de ce cavalier délivrant, partageant, ses petits apprentissages par amour du cheval.

Se remettre en question ? Surtout pas ! Moqueurs et arrogants, lourds sur les protocoles de politesse, ils distillent une mauvaise ambiance palpable dans leur manière d'être et de faire. Les pires sont ceux qui croient avoir un petit club bien familial, bien convivial, où ils règnent pourtant en despote. Ils ne gardent leurs clients (abandonnons l'idée que certains veuillent être "élèves" dans ces structures) que grâce à la sincerité d'autres membres de leurs équipes, leurs salariés et même parfois leurs parents, qui ont plus de savoir vivre et de respect et qui fidelisent plus surement.

Moniteurs d'équitation, je vous souhaite d'avoir à débuter un autre sport avec un prof tel que vous, qui se moquera de vous ouvertement et sournoisement, pour chacune de vos questions et pour chacun de vos essais-erreurs.
Moniteurs d'équitation, penser que je fais partie de cette "corporation" me donne parfois envie de vomir.

Les propriétaires d'écuries ...

Eh bien parlons-en !!! Il y a un sacré problème de cadre législatif à propos des écuries, établissement privé où n'importe qui peut faire n'importe quoi. Là où pour tout autre sport, le mouvement associatif et la participation de l'état permet de limiter les dégâts, bonjour les écuries, au secours la SPA parfois ! C'est le monde équestre !

De celui qui ne nourrit pas les chevaux au pré l'hivers (pas même du foin), à celui qui propose des prestations inadaptées voire dangereuses (paddocks en cailloux et morceaux de verres, carrière de travail avec débris, herse parqué sur la carrière...), on voit de tout : l'un envoie paitre les cavaliers qui aimeraient que la carrière soit entretenue pour travailler ("allez vous promener si la carrière ne vous plait pas"), l'autre qualifie ses clients de traitres quand ils annoncent qu'ils partent avant que l'écurie ait signé le contrat de vente et ne soit démolie, un autre débite tout le mal possible sur un de ses clients au premier venu dans son écurie...
Et la liste va certainement s'allonger.

Le cavalier...

J'y peux rien, le cavalier, mais certains d'entre eux sont quand même loin d'être cavalier dans l'âme.
Avoir des objectifs qu'on ne comprend pas soi-même, c'est s'attacher aux apparences, toujours trompeuses.
Ne pas vouloir entendre les explications et comprendre son propre objectif amène forcément à l'échec de toutes les méthodes, au gachis de tout investissement d'une tierce personne, et bien souvent au malêtre physique et psychique du cheval.
De là à ne pas assumer son incompétence et faire un procès à son enseignant pour cheval blessé, il n'y a qu'un pas ! Ca existe, et quand le cavalier est fier de vous raconter qu'il a "collé" deux procès à deux instructeurs réputés, on ne se demande plus pourquoi la propriétaire de son écurie actuelle dit autant de mal de lui !

Le personnel d'écurie...

Il s'appelle palefrenier-soigneur...Pourquoi le deuxième terme ? Ils sont pour la plupart d'entre eux complètement aveugles aux problèmes importants et visibles de loin : boiterie grave visible au repas quand le cheval se déplace (cheval au pré), problèmes de communauté dans les groupes de chevaux au pré (chevaux se faisant littéralement éjectés du pré en détruisant les clotures), allergies à la paille déclanchant des réactions sérieuses (cheval au box) ...
Les problèmes se résolvant souvent par une fermeture des volets au box, ou des yeux au pré. "Pas vu, pas pris"... devient "Pas vu, pas à soigner, boulot en moins". Quelle conscience professionnelle !
Sans s'étendre sur les coups de fourche maladroits qui blessent les chevaux, ou bien encore sur le langage verbal brutal, on peut encore citer le manque de précautions dans le périmètre des aires de travail pendant les leçons : désherbage/bricolage bruyant ou apeurant, tour en quad avec le petit cousin le long des carrières lors des premières sorties des poneys, autres bruits et balayages inopportuns balançant des nuages dans le passage des chevaux... Tout un monde en délicatesse auquel on ne peut rien expliquer : ça se fâche et ça a toujours raison.







Sortez de votre statut, redevenez des humains ... à moins que le monde équestre ne soit en fait que le reflet de l'humanité ?
Quel désespoir !



Lire aussi :
C'est rageant
Les enseignants-gourous
Pratiques anti-pédagogiques
La patience
L'agressivité