L'Equitation Pédagogique

cheval
©Laurence Grard Guenard

      La Pratique de Loisir      pédagogie


Au début du XX ème siècle, deux événements marquent le monde équestre français :

-         la marginalisation de l’équitation académique par rapport à l’équitation sportive

-         l’émergence d’une équitation civile à côté de l’équitation militaire (les militaires perdent leur suprématie dans les épreuves nationales et internationales.)

 

Pendant toute la première moitié du siècle, l’équitation reste sportive et réservée à une élite. Les difficultés et les risques font partie de l’apprentissage.

 

Ce monde du Cheval reste encore, par tradition, un monde masculin et militaire.

Jusqu’à une période assez récente, certains diront qu’il y a deux équitations :

-         la bonne : sportive, classique et traditionnelle

-         la mauvaise : tout le reste

 

L’ANTE est créée en 63, mais c’est dans les années 70 que l’équitation de Loisirs débarque vraiment de chez nos voisins anglais grâce au monde des poneys et perd son objet uniquement sportif. La pratique de loisirs s’accentue, les structures d’accueil se développent en même temps que la population des équitants.

Le monde de l’équitation français doit s’adapter.

 

La notion de LOISIRS ne se rapporte plus à notre époque à une occupation de son « temps libre », mais à une façon de pratiquer. C’est un état d’ESPRIT.

 

Nous sommes dans une société du ludique et personne n’accepte plus de recevoir des ordres. Les mentalités ont évolué et, désormais, TOUTES les formes d’équitation ont le droit à l’existence.

 

La pratique de Loisirs s’adresse à un public large : enfants, adultes, débutants ou confirmés… C’est une pratique du BIEN-ETRE et du PLAISIR.

Les pratiquants ont des ambitions modestes ? Aller se promener ?

-         satisfaction, sentiment de plaisir

-         épanouissement physique et moral de l’individu quel que soit le résultat

-         estime de soi, compétence par rapport à soi même ou aux autres

-         convivialité, acceptation sociale

-         contrôle : sentiment d’être responsable

-         comportement vertueux : fair-play, coopération

-         recherche de l’esthétisme, pratique d’un ART,

-         recherche de l’effort, goût du risque, recherche de sensation hors stress de la compétition

-         amour de la nature

-         autonomie et adaptabilité

Pédagogie du Loisir :

A l’opposé de l’entraîneur qui vise les performances sportives, l’enseignant est, en plus, capable d’adapter sa pédagogie à un cadre plus large et de remplir en même temps un rôle éducateur ou rééducateur.

En privilégiant le contact affectif avec l’animal, en autorisant la peur, en autorisant l’erreur, en veillant à la sécurité, en donnant sa place à chacun… l’enseignant contribue au bien-être de ses pratiquants et les emmène sur le chemin de l’AUTONOMIE dans leur pratique. Il est ainsi capable par ses qualités de techniciens de concevoir un projet, d’analyser les difficultés à résoudre, de proposer des situations pédagogiques adaptées selon un grand choix d’activités : jeux, animations conviviales et / ou familiales, activités pluridisciplinaires, rencontres amicales, compétition…

Compétition ?

Le schéma culturel ne sait pas proposer autre chose ! La fédération construit un système en s’appuyant dessus. Même les pratiques qui ne présentaient au départ qu’un caractère de loisirs, présentent maintenant une version compétitive (TREC attelé par exemple). Il y a beaucoup de plaisirs dans ces compétitions, mais aussi de contraintes. Il faut bien évaluer la motivation, le caractère, le niveau des pratiquants, leurs modes de vies, leurs moyens financiers…

En plus de la compétition classique, un circuit parallèle s’ouvre donc à un public plus jeune et de niveau plus faible. Une « compétition de loisirs ». Ces concours s’appuie dur la pédagogie de la réussite avec des épreuves facilement accessibles.

Dans la compétition de loisirs, c’est toujours l’effort consenti et le progrès personnel qui sont valorisés, plus que le résultat final. Encourager est un facteur puissant de BONHEUR contagieux. La compétition a alors une vocation EDUCATIVE. Elle n’est pas indispensable pour progresser, mais c’est un outil qui le permet. Bien gérée, elle apporte des acquisitions dans différents domaines :

-         construction de son identité, besoin d’identification

-         progression technique par objectifs techniques précis

-         estime de soi, mesurer son niveau à un niveau de difficulté ou à d’autres personnes

-         renforcement de la motivation

-         émulation

-         capacité de s’organiser, responsabilisation,

-         capacité à respecter un règlement, une autorité institutionnelle, la performance des autres

-         intégration dans un groupe


 

L’écueil : Le PLAISIR doit toujours être supérieur aux difficultés. Dans le cas contraire, la compétition devient un MALAISE.

-         incapacité mentale de résister à l’échec (échecs répétés)

-         adapter ses rêves à la réalité

-         faire face à son seuil d’incompétence, prise de risque sans rapport avec son niveau

-         gestion du stress et de ses émotions, effet « grosse tête »

-         gestion des inconvénients : charge financière, impératifs horaires, pression du milieu familial, stagnation du à un cheval limité, nécessité de s’impliquer dans l’effort, assiduité …

Cela dit, l’absence de palmarès n’interdit pas de penser, réfléchir, lire, sentir, comparer, « travailler juste » et, progresser.

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